Défaillances d’entreprises au Maroc : une accalmie sous surveillance en 2025
Malgré une baisse des défaillances en 2025 et des perspectives économiques encourageantes pour 2Alors que le contexte macroéconomique de 2025 a offert un répit aux entreprises marocaines, la vigilance reste de mise. Entre l’impact positif de la loi sur les délais de paiement et les fragilités persistantes des jeunes structures, Amine Diouri, directeur chez Inforisk, analyse les dynamiques qui ont façonné l’année écoulée.
Un contexte macroéconomique porteur en 2025
L’année 2025 s’est distinguée par une conjoncture particulièrement favorable pour le tissu économique national. Contrairement à de nombreuses puissances mondiales touchées par une croissance faible ou des tensions commerciales, le Maroc a affiché une résilience notable.
Plusieurs facteurs clés expliquent cette embellie :
- Une croissance du PIB proche de 5%, portée par une pluviométrie abondante ayant dynamisé le secteur agricole.
- Une inflation maîtrisée à 0,8% et un prix du baril de pétrole stable autour de 60 dollars.
- L’effet “Grands Travaux” : Les investissements publics liés à la CAN et à la préparation du Mondial ont irrigué des secteurs stratégiques comme le BTP.
- Le dynamisme du tourisme, qui a profité par ricochet au secteur de la location de véhicules.
Délais de paiement : les premiers effets de la loi
Le nerf de la guerre reste la trésorerie. Selon Inforisk, 40% des défaillances d’entreprises sont directements liées aux retards de paiement.
Toutefois, la généralisation de la nouvelle loi sur les délais de paiement commence à porter ses fruits. Elle a contraint les grands donneurs d’ordre privés à ajuster leurs pratiques, réduisant ainsi les délais moyens sur le marché. Si cette avancée est majeure, elle ne règle pas tout : la gestion administrative interne (contrats, bons de commande) et le processus de “Cash Collection” restent des leviers de survie cruciaux pour chaque entreprise.
La “Vallée de la mort” : le cap des 5 ans
Les statistiques d’Inforisk révèlent une constante : la période critique pour une nouvelle structure se situe durant ses cinq premières années.
“La ‘vallée de la mort’ est la période pendant laquelle toute entreprise nouvellement créée a la plus forte probabilité de mourir” — Amine Diouri.
Passé ce cap, la probabilité de faillite diminue grâce à l’apprentissage du dirigeant, la stabilisation du portefeuille client et un positionnement de marché plus clair.
Secteurs en mouvement : entre croissance et restructuration
L’analyse par activité montre des trajectoires contrastées:
- En hausse : La construction, l’agriculture et les services liés au tourisme.
- En souffrance : L’événementiel et les agences immobilières affichent des taux de défaillance inquiétants (respectivement +39% et +31%).
Pour ces derniers, Amine Diouri pointe une concurrence forte et une fragmentation du marché qui impose une nécessaire phase de restructuration et de concentration.
Date de publication : Lundi 26 Janvier 2026
Source : L’ECONOMISTE
Propos recueillis par C. Jaidani

